MONTRÉAL (Québec), le 13 avril 2026 – Dans un contexte qui ne cesse d’évoluer, de nombreux ménages québécois ressentent les effets de l’incertitude économique persistante et n’ont d’autre choix que de revoir leurs habitudes. Selon l’Indice des dettes à la consommation de MNP, près de trois Québécois sur cinq (57 %) disent ressentir les contrecoups financiers des conditions fluctuantes qui perturbent à répétition leurs plans financiers. Sept sur dix (70 %) affirment que la hausse des prix pour des produits essentiels comme l’épicerie et l’essence met leurs finances à rude épreuve. Les trois quarts des répondants (74 %) réduisent leurs dépenses, tandis que les Québécois sont plus enclins que les autres Canadiens (88 %) à se montrer plus prudents avant de contracter de nouvelles dettes. Ces données reflètent une prudence accrue alors que la hausse du coût de la vie et l’incertitude persistent.
Ces pressions ont également une incidence sur la façon dont les Québécois perçoivent leur progrès financier et leur avenir. Trois sur cinq (59 %) ont l’impression de faire plus d’efforts sans pour autant noter une amélioration dans leur situation financière. Les deux tiers (65 %) repoussent quant à eux d’importantes décisions financières en raison de l’imprévisibilité.
Selon Frédéric Lachance, syndic autorisé en insolvabilité de MNP Ltée à Montréal, « pour plusieurs Québécois, ce n’est plus seulement une question de subir des pressions financières : le contexte fluctuant nuit à l’établissement d’un budget, aux efforts pour améliorer sa situation financière et à la planification de son avenir. Les gens n’ont aucun contrôle sur la hausse des coûts et sur l’incertitude mondiale, ce qui leur donne l’impression de subir un choc financier. Devant des conditions imprévisibles, il peut être difficile de gérer des dépenses inattendues ou de prendre des décisions financières en toute confiance, comme celle de contracter un emprunt, d’effectuer un achat important ou de planifier à long terme ».
En moyenne, les Québécois disposent de 841 $ à la fin du mois, comparativement à 744 $ au trimestre précédent. Malgré cette hausse, ce montant est le plus faible de toutes les provinces, ce qui laisse entendre une moins grande marge de manœuvre par rapport aux autres Canadiens. Plus de deux répondants sur cinq (44 %, +1 point) déclarent qu’ils sont chaque mois à 200 $ ou moins de l’insolvabilité. Trois sur dix (30 %, +2 points) ne gagnent pas suffisamment d’argent pour régler leurs factures et rembourser leurs dettes.
Bien que la récente décision de la Banque du Canada de maintenir son taux d’intérêt à 2,25 % pourrait alléger temporairement le fardeau de certains Québécois, trois sur cinq (61 %, -5 points) ont encore besoin de le voir diminuer. Cela dit, ils sont moins nombreux qu’au dernier trimestre à s’inquiéter de la hausse des taux d’intérêt. Face à l’éventualité d’une nouvelle hausse des taux, un peu plus de la moitié des répondants (53 %, -7 points) craignent d’éprouver des problèmes financiers et près de deux sur cinq (40 %, -9 points) estiment qu’elle pourrait les mener à la faillite. Ils sont autant (40 %, -12 points) à s’inquiéter de leur capacité à rembourser leurs dettes, même si les taux d’intérêt venaient à diminuer. Ces chiffres montrent que malgré un moral en hausse, l’incertitude entourant les coûts d’emprunt continue de peser lourd sur les ménages. Cette capacité limitée est apparente dans la réaction des Québécois à une hausse modeste des coûts d’emprunt : un seul répondant sur cinq (20 %) estime pouvoir payer 130 $ de plus par mois en intérêts sur ses dettes, tandis que le tiers (32 %) est d’avis contraire.
Selon M. Lachance, « plusieurs Québécois jouent de prudence quant à ce que l’avenir leur réserve, malgré la stabilité actuelle des taux d’intérêt. Bien que certains soucis aient diminué par rapport au dernier trimestre, les ménages qui se serrent déjà la ceinture pourraient avoir de la difficulté à absorber des coûts d’emprunt, voire à maintenir leurs coûts au niveau actuel, en particulier si les conditions changent plus tard au cours de l’année ».
Le pointage net actuel que les Québécois attribuent à leur situation d’endettement a grimpé à 22 points (+14 points), un bond considérable par rapport au dernier trimestre et un changement marqué dans la perception qu’ont les gens de leur propre situation. Toutefois, cette nouvelle impression ne se traduit pas pour autant par une diminution des pressions sous-jacentes. De nombreux ménages continuent de composer avec une économie marquée par des difficultés financières persistantes qui ne laissent entrevoir aucun dénouement clair.
Plus du quart des Québécois (27 %, +4 points) affirment que leur situation d’endettement s’est améliorée par rapport à ce qu’elle était l’an dernier, tandis qu’une moins grande part (17 %, -3 points) estime qu’elle s’est détériorée. Malgré tout, un nombre élevé de répondants demeurent aux prises avec des difficultés et près de deux sur cinq (38 %, -4 points) craignent encore une perte d’emploi au sein de leur ménage.
Ces pressions financières se manifestent aussi dans l’approche des Québécois vis-à-vis la saison des impôts.
Un sur six (17 %) estime qu’il ne sera pas en mesure de s’acquitter de son montant d’impôt à payer. Près d’un sur dix (8 %) repoussera ses paiements pour se donner le temps de trouver les fonds, tandis qu’une part similaire (9 %) devra emprunter de l’argent ou s’endetter afin de respecter ses obligations. Près d’un Québécois sur cinq (15 %) s’attend à devoir payer de l’impôt et n’aura d’autre choix que de piger dans son épargne ou dans des sommes mises de côté à d’autres fins, la plus forte proportion au pays.
« La saison des impôts peut fragiliser la santé financière des ménages, ajoute M. Lachance. Pour certains, un remboursement d’impôt sera l’occasion idéale de payer les factures en retard ou de rembourser les dettes. Pour d’autres, avoir à payer de l’impôt signifierait piger dans leurs économies ou recourir à du crédit, ce qui peut augmenter leur fardeau financier au fil du temps. »
Lachance affirme que le fait de contracter de nouvelles dettes pour couvrir ses dépenses et respecter ses obligations peut être un indicateur de pressions financières qui s’accentuent et révéler un besoin de revoir sa situation financière.
« Il peut être difficile de savoir où commencer lorsque sa situation financière semble incertaine ou hors de son contrôle. Pourtant, lorsqu’on se retrouve à recourir davantage au crédit ou à mobiliser une plus grande part de son budget pour rester à flot, il est important de prendre un moment pour réévaluer sa situation. Reprendre ses finances en main est possible en examinant ses revenus et dépenses dans le détail ainsi qu’en explorant les options pour alléger la pression. Peu importe la conjoncture économique, tout le monde peut se doter de moyens pour mieux comprendre et gérer ses finances. »
Il ajoute qu’« une discussion avec un syndic autorisé en insolvabilité peut faire la lumière sur la situation des personnes qui vivent dans l’incertitude et les mettre sur la bonne voie. L’idée est d’instaurer un dialogue encourageant et sans jugement afin de leur donner un portrait clair de leur situation financière. Elles pourront ainsi évaluer leurs options et aller de l’avant avec un plan adapté à leur réalité ».
Les syndics autorisés en insolvabilité sont les seuls professionnels sous réglementation fédérale pouvant offrir aux gens des solutions à l’endettement afin de les en libérer, notamment la proposition de consommateur et la faillite, et de faire cesser immédiatement les appels désagréables des créanciers. Ils accompagnent les gens pour les aider à mieux comprendre leur situation unique et analyser un éventail de solutions, que ce soit revoir leurs modalités de paiement, négocier avec les créanciers ou d’autres options formelles d’allégement des dettes.
L’équipe de syndics autorisés en insolvabilité de MNP offre des consultations gratuites aux Québécois aux prises avec de sérieux problèmes financiers. Elle a comme mandat de leur fournir des conseils impartiaux, de les aider à mieux comprendre leurs droits et de les orienter vers la meilleure voie à suivre.
À propos de MNP Ltée
MNP Ltée, division du cabinet comptable national MNP S.E.N.C.R.L., s.r.l., est le plus important groupe de professionnels en insolvabilité au Canada. Depuis plus de 50 ans, son équipe chevronnée de conseillers et de syndics autorisés en insolvabilité travaille avec les particuliers pour les aider à surmonter leurs difficultés financières et à reprendre leurs finances en main. Comptant plus de 240 bureaux d’un océan à l’autre, MNP aide chaque année des milliers de Canadiens aux prises avec d’importants problèmes d’endettement. Visitez notre site Web au MNPdettes.ca pour communiquer avec un syndic autorisé en insolvabilité ou utiliser gratuitement nos outils d’autoévaluation de l’endettement. Abonnez-vous à L’Info dettes en 3 minutes de MNP pour obtenir régulièrement des conseils pratiques sur la gestion des dettes et les finances personnelles.
À propos de l’Indice des dettes à la consommation de MNP
L’Indice des dettes à la consommation de MNP permet de prendre le pouls des Canadiens à l’égard de leur endettement, en plus de mesurer leur capacité à payer leurs factures et à faire face aux imprévus et aux hausses de taux d’intérêt sans risquer l’insolvabilité. Réalisé par Ipsos et mis à jour chaque trimestre, cet indice est l’un des baromètres les plus fiables de la situation financière des Canadiens.
Maintenant à sa 36e édition, l’Indice est demeuré à 87 points, soit le même niveau qu’au trimestre précédent. Consultez MNPdettes.ca pour en savoir plus.
Les résultats du sondage ont été compilés par Ipsos, pour le compte de MNP, entre le 10 et le 11 mars 2026. Dans le cadre de ce sondage, un échantillon de 2 000 Canadiens d’au moins 18 ans ont été interrogés. Une pondération visant à équilibrer les données démographiques a ensuite été réalisée pour s’assurer que la composition de l’échantillon reflète celle de la population adulte selon les données du recensement et pour fournir des résultats représentatifs de l’ensemble de la population. La précision des sondages en ligne d’Ipsos est mesurée au moyen d’un intervalle de crédibilité. Dans le cas présent, les résultats se situent à plus ou moins 2,7 points de pourcentage, 19 fois sur 20, de ceux qui auraient été obtenus si tous les adultes canadiens avaient pris part au sondage. L’intervalle de crédibilité sera plus large parmi les sous-ensembles de la population. Tous les questionnaires et sondages peuvent être affectés par d’autres types d’erreurs, notamment l’erreur de couverture et l’erreur de mesure.