Les Canadiens endettés ressentent déjà les effets de la hausse des taux d’intérêt

Après des années de mise en garde contre une hausse prochaine des coûts d’emprunt, les Canadiens aux prises avec des dettes pourraient maintenant devoir faire face aux conséquences. Selon un nouveau sondage de MNP Ltée, premier cabinet d’aide en insolvabilité au Canada, 35 % des Canadiens ressentent déjà l’incidence de la hausse des taux d’intérêt. Bon nombre d’entre eux, soit quatre répondants sur dix, admettent qu’ils craignent d’éprouver des difficultés financières si les taux d’intérêt devaient continuer à augmenter. Ils sont aussi nombreux à s’inquiéter de l’incidence de la hausse des taux d’intérêt sur leur situation financière. Près de la moitié (46 %) se disent davantage préoccupés par leur capacité à pouvoir rembourser leurs dettes advenant une nouvelle hausse des taux d’intérêt.

« Il ne fait aucun doute que les gens ne sont pas préparés à une hausse des taux d’intérêt. La bonne nouvelle, c’est qu’ils semblent maintenant prendre conscience que les taux grimperont, ce qui pourrait les amener à revoir leurs habitudes de consommation, notamment leur utilisation du crédit », affirme Grant Bazian, président de MNP Ltée. Sept Canadiens sur dix affirment que la hausse des taux d’intérêt les amènera à dépenser de façon plus prudente.

C’est ce qui ressort du sondage sur les dettes à la consommation de MNP, qui a été réalisé par Ipsos et qui vise à connaître le comportement des Canadiens à l’égard de leurs dettes et leur perception de leur capacité à honorer leurs paiements mensuels. Comparativement au premier sondage réalisé en juin, le Canadien moyen affirme maintenant qu’il dispose de 149 $ de moins par mois après avoir payé ses factures et honoré ses obligations financières. Malgré tout, ils sont plus nombreux à affirmer que leur capacité d’absorber une hausse de un point de pourcentage des taux d’intérêt a augmenté légèrement depuis le dernier sondage. Toutefois, leur confiance en leur capacité d’assumer une hausse de 130 $ des paiements d’intérêt sur leurs dettes a diminué considérablement.

« En fait, les gens sont beaucoup moins optimistes quand nous prenons le temps de chiffrer la hausse potentielle des coûts qu’ils devront engager pour rembourser leurs dettes. Leur réaction nous indique qu’ils sont nombreux à ne pas avoir fait le calcul ou qu’ils comprennent mal l’incidence des hausses de taux d’intérêt sur leurs paiements », fait remarquer M. Bazian.

Étonnamment, le sondage révèle que sept Canadiens sur dix estiment qu’ils ont une très bonne compréhension de l’incidence de ces hausses sur leur situation financière.

« Pour avoir une idée claire de sa capacité à rembourser ses dettes lorsque les taux augmentent, il faut soumettre son budget à une simulation en utilisant divers taux d’intérêt pour déterminer si on peut prendre en charge des coûts d’emprunt plus élevés et trouver des moyens d’y parvenir. Ceux que les hausses des taux d’intérêt préoccupent ne doivent éprouver aucune honte à demander de l’aide. Si vous n’effectuez que les paiements minimums et que vous contractez davantage de dettes pour couvrir vos dépenses de base, vous devriez consulter sans tarder un professionnel », recommande M. Bazian, avant d’ajouter que les Canadiens sont mal préparés pour faire face aux dépenses imprévues de toute sorte.

Lors du sondage, six mises en situation ont été présentées aux Canadiens. Pour chacune, ils devaient indiquer dans quelle mesure ils avaient confiance en leur capacité de régler ces dépenses imprévues sans s’endetter davantage. Pour toutes les situations, moins de la moitié ont dit avoir confiance en leur capacité d’assumer des dépenses imprévues. En fait, quatre répondants sur dix (42 %) doutent même qu’ils pourraient couvrir tous leurs frais de subsistance et toutes leurs dépenses familiales des douze prochains mois sans avoir recours à l’endettement. Le même nombre affirme qu’à l’heure actuelle, seulement 200 $ ou moins les séparent de l’incapacité à payer leurs factures et à honorer leurs obligations financières chaque mois. Ces résultats sont très semblables à ceux du sondage réalisé en juin, juste avant que la Banque du Canada ne commence à augmenter les taux d’intérêt.

« Lorsqu’elles sont faibles, les hausses des taux d’intérêt ne bouleversent pas outre mesure les finances des ménages. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que les Canadiens lourdement endettés sont nombreux à n’avoir aucun fonds d’urgence et n’ont déjà pas assez d’argent pour couvrir leurs frais de subsistance. Ils se tournent vers le crédit à bas prix pour joindre les deux bouts. En cas d’augmentation des taux d’intérêt, ils ne pourraient maintenir leur train de vie. »

Près de trois répondants sur dix (28 %) craignent que la hausse des taux d’intérêt ne les conduise à la faillite.

Voici d’autres faits saillants du sondage :

  • Comparativement aux autres groupes d’âge, les membres de la génération Y sont les plus susceptibles de ressentir les contrecoups des hausses de taux d’intérêt (40 %). Ils sont également les plus préoccupés par l’éventuelle incidence négative de ces hausses sur leur situation financière (49 %). En effet, ils sont près de quatre sur dix (38 %) à craindre que les hausses des taux d’intérêt ne les conduisent à la faillite, contre seulement 30 % chez les membres de la génération X et 18 % chez les baby-boomers. Les membres de la génération Y sont également les moins susceptibles de bien comprendre l’incidence des hausses de taux d’intérêt sur leur situation financière.
  • Les Canadiens à faible revenu expriment le plus d’inquiétude à l’égard de la hausse des taux d’intérêt.
  • Les propriétaires d’une habitation sont légèrement plus optimistes quant à leur capacité d’absorber une hausse d’un point de pourcentage des taux d’intérêt ou une augmentation de 130 $ des paiements d’intérêt sur leurs dettes.
  • Une éventuelle hausse des taux d’intérêt suscite davantage l’inquiétude dans certaines régions du Canada. Cinquante-cinq p. cent (55 %) des Albertains craignent qu’une hausse éventuelle des taux d’intérêt nuise à leur capacité à rembourser leurs dettes, contre 47 % en Colombie-Britannique et au Québec, 45 % en Saskatchewan, au Manitoba et au Canada atlantique, et 44 % en Ontario.
  • Les répondants de l’Alberta (37 %) sont ceux qui craignent le plus qu’une hausse des taux d’intérêt pourrait les rapprocher d’une faillite. Suivent ceux du Québec (34 %), du Canada atlantique (32 %), de la Saskatchewan, du Manitoba et de l’Ontario (23 %) et de la Colombie-Britannique (22 %).
  • Seule une minorité de Canadiens estiment qu’ils n’auraient pas à s’endetter davantage s’ils devaient vivre un divorce (33 %), faire réparer ou acheter une voiture (31 %), s’absenter du travail pendant trois mois en raison d’une maladie (30 %), perdre leur emploi ou subir une diminution de salaire (28 %), vivre un décès dans la famille (27 %) ou payer les droits de scolarité d’un proche (26 %).