Au Québec, la vie professionnelle de 3 personnes sur 10 (30 %) est toujours perturbée par la COVID-19, que ce soit par un salaire ou un horaire réduit, ou encore un licenciement

Les Québécois endettés sont encouragés à se tourner vers des professionnels avant de s’endetter davantage pour joindre les deux bouts

MONTRÉAL (Québec), le 16 septembre 2020 – Un nouveau sondage mené par Ipsos pour le compte de MNP révèle que 3 Québécois sur 10 (30 %) sont toujours aux prises avec des perturbations dans leur propre situation professionnelle ou dans celle d’un autre membre de leur ménage, que ce soit par un salaire ou un horaire réduit, ou encore un licenciement. Bien qu’il s’agisse d’un recul de 12 points par rapport au mois de juin, la pandémie continue d’avoir des répercussions sur le revenu de plusieurs familles, d’autant plus que les mesures d’aide financière mises en place par le gouvernement, les banques et les entreprises changent ou tirent à leur fin.

« Les Québécois sont certes beaucoup moins nombreux à voir leurs revenus subir les contrecoups de la COVID-19, mais pour 30 % d’entre eux, cette perturbation est toujours une réalité. Ce groupe est vulnérable. Ceux qui étaient aux prises avec des dettes avant la pandémie verront leurs problèmes s’aggraver, puisque les créanciers commencent à chercher des façons de récupérer leurs dus dont les paiements ont été différés, et que l’aide financière à court terme tire à sa fin », affirme Frédéric Lachance, syndic autorisé en insolvabilité chez MNP Ltée, en poste à Montréal.

En effet, 8 % des Québécois doivent composer avec un horaire ou un salaire réduit (baisse de 6 points par rapport à juin), et 6 % affirment vivre avec une personne qui se trouve dans la même situation (inchangé par rapport à juin).

« Bien qu’il n’existe pas encore de données pour confirmer que les Québécois aient contracté plus de dettes depuis le mois de mars, nous croyons que certains d’entre eux devront se tourner davantage vers le crédit, une fois que les mesures de reports de paiements prendront fin et que l’aide gouvernementale cessera, ajoute M. Lachance. Le problème, c’est que les gens empruntent sur la prochaine paie, ce qui les laisse avec moins d’argent une fois leur salaire versé. Ce cycle se poursuit d’une paie à l’autre, donc se sortir de cette spirale devient tout un défi. »

Environ 5 % des répondants affirment avoir dû reporter des paiements de factures, de cartes de crédit et d’impôts. Cela correspond à environ 428 000 Québécois.

« Les particuliers lourdement endettés et qui accusent aujourd’hui un retard dans leurs paiements pourraient être tentés d’emprunter davantage pour joindre les deux bouts. Ils devraient plutôt chercher à obtenir les conseils d’un professionnel », suggère M. Lachance. Il propose, avec son équipe, des consultations gratuites par vidéoconférence (Skype, Messenger, Zoom, FaceTime) et par téléphone à toute personne aux prises avec des problèmes de dettes. 

M. Lachance indique que la faiblesse jamais vue des taux d’intérêt tend à donner un faux sentiment de sécurité, qui incite à emprunter davantage. Par ailleurs, une fois que les moratoires sur les expulsions prendront fin, les plus vulnérables pourraient se tourner vers des formes de crédit à taux d’intérêt élevé, en dernier recours.

À l’échelle nationale, 45 % des Canadiens qui bénéficient de l’aide financière du gouvernement en raison de la COVID-19 affirment qu’ils s’endetteront davantage d’une façon ou d’une autre lorsque les prestations cesseront, une augmentation de 10 points par rapport à juin. En effet, 2 Canadiens sur 10 prévoient utiliser leur marge de crédit (18 %, hausse de 6 points) ou emprunter de l’argent à leurs proches (19 %, hausse de 3 points), et 1 personne sur 10 (11 %, hausse de 4 points) songe à contracter un emprunt bancaire. De plus, 2 Canadiens sur 10 (21 %, hausse de 4 points) utiliseront leurs cartes de crédit pour subvenir à leurs besoins après la conclusion des mesures d’allègement. Environ 1 personne sur 10 (8 %, hausse de 4 points) envisage de se tourner vers le prêt sur salaire.

« Contracter des prêts à taux d’intérêt élevés pour subvenir à ses besoins pourrait entraîner des conséquences importantes pendant des années, surtout pour les ménages locataires à revenu fixe ou à faible revenu, avertit M. Lachance. Les propriétaires québécois qui traînaient déjà un prêt hypothécaire trop important auront à prendre de difficiles décisions financières. »

Au Canada, 2 propriétaires sur 10 (21 %) affirment qu’ils devront reporter leurs paiements hypothécaires et 16 % avouent qu’ils devront vendre leur maison pour joindre les deux bouts après la fin des programmes.

« La pandémie a entraîné beaucoup d’incertitudes chez les Québécois, et ce, à plusieurs égards. Une chose demeure certaine, par contre : même si la pandémie a reporté le besoin chez certaines personnes de régler leurs problèmes de dettes, elle ne les a pas fait disparaître pour autant », explique M. Lachance.

Il souligne le fait que les cas d’insolvabilité connaissent une baisse importante par rapport à l’année dernière grâce au soutien financier lié à la pandémie. Les plus récentes données publiées par le Bureau du surintendant des faillites révèlent que les cas d’insolvabilité au Québec ont reculé de 50,3 % en juillet, comparativement au même mois l’an dernier, et de 17,3 % pour la période de 12 mois close le 31 juillet 2020.

Ils devraient toutefois augmenter de façon importante une fois que l’aide financière mise en place en raison de la COVID-19 prendra fin. Toujours selon le sondage, environ 1 Canadien sur 10 (11 %, hausse de 5 points) qui bénéficie de l’aide gouvernementale déclarera faillite lorsque les prestations cesseront. Autour du même nombre de répondants (10 %, hausse de 3 points) mentionnent qu’ils se tourneront vers une proposition de consommateur pour régler leurs dettes.

« Les solutions à l’endettement sont nombreuses, et les syndics autorisés en insolvabilité sont là pour vous conseiller. Ils aident les particuliers à choisir la meilleure option dans leur situation. Il peut s’agir, par exemple, d’une proposition de consommateur ou d’une faillite, mais il arrive aussi qu’une personne ait simplement besoin d’un plan de gestion des dettes adapté à sa réalité », précise M. Lachance.

Les syndics autorisés en insolvabilité, dont le travail est régi par le gouvernement, fournissent des conseils aux Canadiens qui éprouvent des difficultés financières et, s’il y a lieu, les aident à éviter la faillite en négociant des ententes avec leurs créanciers. Ils peuvent aussi garantir une protection juridique contre les créanciers au moyen d’une proposition de consommateur ou d’une faillite.

« Les Québécois ne devraient pas avoir à gérer leurs dettes seuls. Un soutien professionnel existe pour les aider à reprendre la maîtrise de la situation », rappelle-t-il.

Ceux et celles qui ont besoin de conseils peuvent visiter le site MNPdettes.ca pour prendre un rendez-vous ou lancer une discussion en ligne.

Autres faits saillants du sondage :

  • À l’échelle du pays, environ 1 personne sur 10 (7 %) affirme avoir dû reporter des paiements de factures, de cartes de crédit et d’impôts, ce qui correspond à environ 2 millions de Canadiens. Ce pourcentage grimpe à 11 % pour les personnes qui sont locataires. Chez les propriétaires, 5 % déclarent avoir reporté leurs paiements hypothécaires.
  • Les répondants ont aussi laissé entendre qu’ils auraient recours à d’autres façons de joindre les deux bouts lorsque l’aide financière du gouvernement cessera :
    • Près de la moitié des Canadiens (45 %, baisse de 1 point) indiquent qu’ils devront probablement réduire leurs dépenses;
    • 3 sur 10 (31 %, hausse de 1 point) affirment qu’ils puiseront dans leurs économies pour payer leurs factures;
    • 15 % des répondants (hausse de 2 points) se verront dans l’obligation de vendre des biens, comme leur voiture, leurs placements ou leurs immeubles locatifs.

À propos de MNP Ltée

MNP Ltée, une division du cabinet comptable national MNP sencrl, srl, est le plus important groupe de professionnels en insolvabilité au Canada. Depuis plus de 50 ans, notre équipe chevronnée de conseillers et de syndics autorisés en insolvabilité travaille avec les particuliers pour les aider à surmonter leurs difficultés financières et à reprendre leurs finances en main. Comptant plus de 230 bureaux au pays, MNP aide chaque année des milliers de Canadiens qui éprouvent de graves problèmes d’endettement. Visitez notre site Web au MNPdettes.ca pour communiquer avec un syndic autorisé en insolvabilité ou utiliser gratuitement nos outils d’autoévaluation de l’endettement

À propos du sondage

Les présentes exposent certains résultats d’un sondage Ipsos mené pour le compte de MNP Ltée entre le 1er et le 3 septembre 2020. Dans le cadre de ce sondage, un échantillon de 2 001 Canadiens d’au moins 18 ans ont été interrogés. Une pondération visant à équilibrer les données démographiques a ensuite été réalisée pour s’assurer que la composition de l’échantillon reflète celle de la population adulte selon les données du recensement et pour fournir des résultats représentatifs de l’ensemble de la population. La précision des sondages en ligne d’Ipsos est mesurée au moyen d’un intervalle de crédibilité. Dans le cas présent, les résultats se situent à plus ou moins 2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20, de ceux qui auraient été obtenus si tous les adultes canadiens avaient pris part au sondage. L’intervalle de crédibilité sera plus large parmi les sous-ensembles de la population. Tous les questionnaires et sondages peuvent être affectés par d’autres types d’erreurs, notamment l’erreur de couverture et l’erreur de mesure.

Un sommaire des données pour tout le pays vous sera fourni sur demande.