Vaincre l’endettement pour sauvegarder son avenir financier

Aujourd'hui, pour effectuer un achat important, il n'est plus nécessaire d'épargner ou de planifier notre budget en conséquence. Grâce à l'accès immédiat au crédit, la plupart des achats peuvent maintenant être financés au moyen d'un emprunt, d'une carte de crédit ou d'une marge de crédit. Cette méthode est sans aucun doute pratique et en apparence satisfaisante pour répondre à ses désirs et à ses besoins, mais elle n'est pas sans conséquence. L'utilisation fréquente et insouciante du crédit peut coûter très cher, notamment en raison des frais d'intérêts importants, du report de l'épargne et des placements et du risque de devenir submergé par les paiements mensuels, au point où il est quasi impossible de reprendre le dessus.

Hypothéquer son avenir

La façon la plus simple de voir le crédit est de le considérer comme un emprunt à soi-même dans le but de satisfaire un désir ou un besoin immédiat. Quand vous choisissez d'acquérir un bien qui vous intéresse maintenant, vous justifiez votre décision à l'aide de plusieurs motifs (consciemment ou non) :

  1. La valeur réelle de l'achat est égale (ou supérieure) au prix d'achat courant, même en tenant compte des frais d'intérêts à payer sur la période de financement.
  2. Votre achat conservera sa valeur au moins jusqu'à la fin de la période de financement, et vous continuerez de l'utiliser et d'en profiter après l'avoir payé.
  3. Votre bien continuera de vous satisfaire même une fois l'effet de nouveauté dissipé, et vous ne regretterez ni votre achat ni le fardeau financier qu'il aura engendré.
  4. Vous n'aurez aucune difficulté à rembourser régulièrement vos dettes, même en cas d'imprévu (p. ex., perte d'emploi, maladie ou bris de véhicule).

L'instant présent

L'être humain est programmé pour se concentrer sur ses besoins et désirs immédiats, plutôt que sur la satisfaction passée ou sur les conséquences à venir. Ce mécanisme de survie inné était utile autrefois, quand nos ancêtres devaient constamment trouver nourriture et abri. Mais aujourd'hui, alors que la plupart de nos besoins de base sont satisfaits, ce même mécanisme peut s'avérer néfaste, particulièrement en raison de l'accès facile à du crédit illimité.

Supposons, par exemple, qu'au début du mois, vous décidiez sur un coup de tête de refaire votre garde‑robe. Vous utilisez votre carte de crédit pour couvrir cette dépense de 500 $. Comme tout est en solde, vous vous dites que le paiement de frais d'intérêts en vaut la peine, car le coût final sera quand même plus bas que ce que vous auriez payé si vous aviez payé le plein prix. Vous aimez beaucoup vos achats et estimez qu'ils vous dureront au moins un an ou deux.

Cependant, au bout d'un mois, ils accumulent déjà la poussière, et vous vous retrouverez une fois de plus dans les magasins. Cette fois-ci, vous êtes dans un magasin d'ameublement, où vous voyez une paire de tables d'appoint qui seraient parfaites pour votre salon. Vous vous dites qu'elles sont classiques et pratiques et vous n'hésitez pas à porter cet achat de 750 $ à votre carte de crédit.

Voilà deux décisions d'achat distinctes et complètement isolées que vous prenez aujourd'hui. Quand vous avez décidé d'acheter des vêtements, il n'était pas prévu que vous magasineriez aussi des meubles quelques semaines plus tard. À votre arrivée au magasin d'ameublement, l'excitation et la satisfaction que vous a procurées l'achat de vos vêtements s'étaient estompées depuis longtemps. Cependant, vous devrez tout de même assumer plus tard la dépense totale de 1 250 $ engagée en moins de 30 jours, ce qui comprend les paiements mensuels et les intérêts additionnels, sans oublier les occasions d'épargne réduites et tout le reste.

Quelles sont les chances que ce cycle recommence le mois suivant? Qu'arrivera-t-il la prochaine fois que vous serez envahi par une envie irrépressible de dépenser? Vous souviendrez-vous que vous avez déjà des dettes? Après tout, pourquoi s'en préoccuper maintenant? Vous les paierez plus tard, quand vous serez plus riche et en meilleure posture.

La maîtrise de soi pour vaincre l'endettement

À l'heure actuelle, le Canadien moyen est endetté de plus de 22 000 $, exclusion faite des prêts hypothécaires. Dans bien des cas, l'exemple ci-dessus illustre parfaitement la situation. À chaque achat, il se dit que celui-ci en vaut la peine et qu'il sera en mesure d'effectuer les paiements en se promettant bien de ne plus dépenser avant d'avoir tout remboursé. C'est alors qu'une autre tentation survient : un rabais imbattable sur un billet d'avion pour sa destination de vacances préférée, un chauffe-eau à remplacer, des points de récompense à accumuler sur sa prochaine épicerie, des cadeaux de Noël à acheter, etc. Et le cycle se répète. Il effectue des achats faciles en reportant le paiement au mois suivant, jusqu'à la réception du relevé.

La protection de votre avenir financier passe par votre capacité à faire preuve de retenue aujourd'hui. Vous devez adopter des mécanismes pour lutter contre l'endettement et faire taire la voix convaincante et insistante qui vous pousse à dépenser. Bref, vous devez vous montrer plus malin que l'industrie du crédit qui espère vous voir céder. Ces mécanismes vous encourageront à épargner suffisamment pour payer immédiatement vos achats en totalité, à rembourser vos dettes avant d'en contracter d'autres et à constituer en priorité un fonds d'urgence pour éviter que les intérêts ne fassent augmenter le coût des situations inattendues, ou qu'ils n'aggravent celles-ci. Vous en souffrirez peut-être un peu sur le coup, mais cet inconfort n'est rien par rapport au sentiment de victoire que vous éprouverez plus tard après avoir évité les pièges dans lesquels vous auriez pu tomber à l'époque où vous étiez moins avisé et moins riche. Le chemin pour y arriver est moins long que vous ne le croyez.

Les décisions que vous prenez aujourd'hui détermineront votre qualité de vie de demain. Lorsque vous déterminez ce qu'il vaut la peine d'avoir maintenant, vous faites de même pour les mois ou les années à venir : il n'en tient qu'à vous de choisir entre richesse et endettement, ou entre satisfaction éphémère et liberté financière durable.